François Fillon écoutera-t-il Philippe de Villiers ou les industriels de Loire-Atlantique ?

Jacques Hardelay, directeur général du chantier naval nazairien STX , Jean-Claude Pelleteur, président du cluster d’entreprises Néopolia (1), Bruno Hug de la Rose, président de la CCI de Saint-Nazaire, et Jean-François Gendron, président de la CCI de Nantes, sont inquiets et viennent de le faire savoir par un courrier commun à François Fillon. Le site [...]

Jacques Hardelay, directeur général du chantier naval nazairien STX , Jean-Claude Pelleteur, président du cluster d’entreprises Néopolia (1), Bruno Hug de la Rose, président de la CCI de Saint-Nazaire, et Jean-François Gendron, président de la CCI de Nantes, sont inquiets et viennent de le faire savoir par un courrier commun à François Fillon. Le site d’implantation d’éoliennes offshores, au large de l’Ile d’Yeu et de Noirmoutier, pourrait ne pas être classé prioritaire par le gouvernement. Il est pourtant susceptible d’accueillir 120 machines développant une puissance de 600 mégawatts, soit 10% de l’objectif national fixé à l’échéance 2020. Certes, le projet voisin situé au large du Croisic, d’une capacité de 400 mégawatts serait retenu, avec même une surface potentielle de 200 hectares contre 100 demandés. Mais les spécialistes y voient un leurre, car les risques de conflits d’usage seraient alors plus importants.

Centaines d’emplois en  jeu

Développer la filière industrielle et portuaire dont rêve l’estuaire de la Loire et la région Pays de la Loire, exige de dépasser vite un seuil critique.  Pour cela il faut ces deux projets à proximité, estiment les auteurs du courrier adressé au premier ministre. A la clé, des centaines d’emplois et de millions d’euros de production de fondation, de mats d’éolienne, de navires spécialisés, de logistique terrestre et maritime. STX, ses sous-traitants et le grand port maritime de Nantes Saint-Nazaire pourraient grâce à cela développer ex-nihilo cette filière sans laquelle la France investira des milliards d’euros dans l’éolien offshore pour le plus grand bonheur de groupes étrangers bénéficiant des années d’expériences manquant aux français.

Face à cette opportunité exceptionnelle, le gouvernement prendra-t-il le risque de satisfaire son allié politique local, Philippe de Villiers, président du conseil général de la Vendée, farouchement opposé au projet des deux îles ? Laissera-t-il également de côté le projet plus modeste du plateau de la Banche, au large de la Loire-Atlantique, qui pourrait servir de rampe de lancement aux industriels et logisticiens nazairiens, mais est honni cette fois par les élus de la baie de La Baule ? Les Allemands ont développé leur puissante filière éolienne offshore grâce à de petits projets permettant de se faire les dents pour être concurrentiels sur les sites de grande envergure.

La Bretagne se présente en meilleur ordre de bataille. Les sites proches de Saint-Malo et Saint-Brieuc devraient être retenus. Brest attend avec impatience la plate-forme de recherche et d’essai énergies marines promise par François Fillon. L’absence d’unité à l’échelle – pourtant naturelle – du littoral et des régions allant de La Vendée aux Côtes d’Armor affaiblit néanmoins une position potentiellement remarquable. Sur un sujet doublement majeur, au plan des énergies renouvelables et du développement industrialo-portuaire, croisons les doigts pour que les décisions du gouvernement soient prises avec la hauteur nécessaire.

(1) 120 entreprises du bassin de Saint-Nazaire et de la région des Pays de la Loire des secteurs marine, aéronautique, ferroviaire, oil and gas.

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