L’Ouest de la France a-t-il toujours envie de se développer ?

Nantes veut faire de 2012 l’année de son rayonnement international grâce à la culture, en cumulant événements et nouveaux équipements. D’autres collectivités territoriales de l’Ouest fourbissent leurs armes pour attaquer le graal mondial à grand renfort de communication. Très bien. Mais l’international se joue d’abord dans le monde réel, en premier lieu celui des infrastructures, [...]

Nantes veut faire de 2012 l’année de son rayonnement international grâce à la culture, en cumulant événements et nouveaux équipements. D’autres collectivités territoriales de l’Ouest fourbissent leurs armes pour attaquer le graal mondial à grand renfort de communication. Très bien. Mais l’international se joue d’abord dans le monde réel, en premier lieu celui des infrastructures, de l’industrie et des services à valeur ajoutée. Or les mois à venir seront décisifs : choix ou non d’un opérateur pour l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, délimitation des zones d’accueil d’éoliennes offshore au large de la Bretagne et des Pays de la Loire, sélection de projets universitaires et scientifiques financés par l’emprunt national.

Toute tergiversation locale ou nationale sur ces dossiers pilotés par l’Etat seraient autant de coups portés au développement international, donc au développement tout court de l’Ouest français. Les éoliennes offshore représentent un potentiel de travaux, fabrications et études se chiffrant en milliards d’euros pour les entreprises régionales, avec la possible constitution de filières et de champions nationaux face aux leaders du secteur, tous étrangers.

Prendre des risques et investir sur le long terme comme le font MPO ou Armor

Plus ou moins de liaisons aériennes internationales dans les décennies à venir, c’est pour l’Ouest, concurrent d’autres territoires bien dotés en la matière, un facteur de développement sur des métiers et secteurs en prise avec la concurrence mondiale. Avoir ou ne pas avoir de grands instituts de recherche déployés à l’échelle interrégionale sera au XXIe siècle un facteur discriminant.

Comment ne pas craindre que les mauvais côtés de l’économie résidentielle et du localisme ne prennent le dessus ? Défendre l’environnement à l’aune de son jardin ou de sa vue sur la mer, défendre sa ville ou son territoire en oubliant leurs faibles dimensions et l’impératif d’union qui  en découle pour décrocher ces grands projets, sont une vision régressive du monde qu’aucune communication ne saurait renverser.

Aujourd’hui, ceux qui prennent les risques, investissent fortement et sur le long terme, et de ce fait nous internationalisent, ce sont les industriels, tels que Armor à Nantes ou MPO en Mayenne lorsqu’ils lèvent des financements et créent des consortiums réunissant entreprises et laboratoires pour développer les panneaux solaires de la troisième génération. Eux ne sont ni endormis ni béats car ils mesurent au quotidien que le monde tourne sans nous attendre.

POSTER UN COMMENTAIRE

Vous devez être connectés pour poster un commentaire.