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Finance

Monnaies locales : la Sonantes peine à trouver sa place

Loire-Atlantique  | 20/12/2017

La Sonantes compte 1 500 utilisateurs particuliers et 180 entreprises.

Lancée en avril 2015, la Sonantes est encore loin de ses prévisions initiales. La monnaie complémentaire locale ayant cours sur l’agglomération nantaise fait état de 1 500 adhérents particuliers et de 180 professionnels là où l’on tablait sur 10 000 comptes de particuliers et 3 000 entreprises dans les trois à quatre ans. Depuis son lancement, la Sonantes a fait l’objet de 7 500 transactions pour 280 k€ échangés, une Sonantes valant un euro. Quelques boulangeries, bars, restaurants, artisans et cinémas indépendants ont joué le jeu. Les satellites de Nantes métropole, tels le marché d’intérêt national ou le Voyage à Nantes, ont été mobilisés pour soutenir l’initiative, le service étant payant pour les entreprises mais gratuit pour les particuliers.

 

Fin du "barter"

Pas question pour autant de renoncer au projet comme le demande une opposition, très remontée. « La mairie a dépensé 7 euros d’argent public pour une Sonantes échangée », estime-t-elle. « Si l’on raisonnait comme cela, aucune startup n’aurait le droit de se développer », répond Pascal Bolo, vice-président de Nantes Métropole chargé des finances. Les contours du projet seront toutefois revus. Car la Sonantes, entièrement numérique, recouvre à la fois un système classique de monnaie complémentaire locale mais aussi un système de « barter » ou d’échange et de crédit interentreprises devant permettre aux PME de prendre des marchés sans puiser dans leur trésorerie. Ce service sera mis en sommeil. « Les entreprises ne se sont pas saisies de cette possibilité, reconnaît Pascal Bolo. On a inventé la Sonantes en 2008 au moment ou l’économie connaissait de graves problèmes de liquidité. Mais le temps d’obtenir le feu vert de l’Autorité de contrôle prudentiel, en 2015, les liquidités coulaient à flot avec des taux d’intérêt très bas. »

 

Plateforme numérique

La Sonantes va en revanche perdurer en tant que monnaie locale avec un recentrage sur les commerces et services de proximité. Nantes métropole travaillera sur la possibilité de payer certains services publics comme la cantine scolaire. Ce recentrage s’accompagne d’un passage de témoin. La gestion de la monnaie locale qui mobilisait 5 personnes au sein de la Sonao, filiale du Crédit municipal, est transférée à l’association la Sonantaise, avec une seule personne. Le Crédit municipal de Nantes, qui avait capitalisé la Sonao à hauteur de 2 M€, réintègre 850 k€ de fonds propres restants. Mais tout n’est pas perdu selon Jean-François Pilet, le directeur du Crédit municipal, qui entend bien valoriser la plateforme numérique développée pour la Sonantes auprès d’autres collectivités.

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